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La restauration collective va tirer le bio

Produire bio est à la portée de bien des agriculteurs, à condition qu'ils le veuillent, estime Didier Perreol, président de l'Agence Bio.
Atteindre 6 % de la surface en bio d'ici 2013, certains n'y croient pas. Des exemples montrent pourtant que bien des agriculteurs peuvent franchir le pas.

 Il y a de la place: en France, le marché croît de 10 à 15 % par an, selon les produits, a rappelé l'Agence Bio, le 13 juin à Sablé (Sarthe). «Nous ouvrons un magasin tous les huit jours, indique Claude Gruffat, président de Biocoop, à la tête de 300 points de vente. A ce rythme là, d'ici 2012, il faudra, rien que pour nous, 230000 ha de bio en plus » (il y en a actuellement 550 000)

Les performances des agriculteurs bio peuvent rassurer, estime Jérôme Pavie (Institut de l'Elevage), au moins en bovins. Il tire cette conclusion de l'observation, depuis 1996, d'un réseau de 150 élevages bio. « Ils sont comparables à ceux des agriculteurs conventionnels, en dimension (280000 l en lait), mais ils emploient plus de monde. » Certes, ils gardent quelques fragilités, face aux accidents climatiques, ou parce qu'ils dépendent d'aides non pérennes. Ou encore parce que, comme leurs collègues, ils risquent de devoir progresser en taille pour amortir des charges de structures en hausse.

Mais avec peu d'intrants et des charges opérationnelles maîtrisées il n'est pas rare de voir chez eux des excédents bruts d'exploitation (EBE (1) atteignant 65 % des recettes ! Et surtout, «chez la plupart des récents convertis, l'angoisse de la maîtrise de ces systèmes (notamment en sanitaire) a disparu cinq ans après. A l'évidence, le bio n'est pas réservé aux meilleurs!»

Améliorer l'aide à la conversion

Impatience : Il faut être financièrement accompagné durant la période de conversion, pendant laquelle on change de cap sans récolter les fruits du bio. Bien des agriculteurs aimeraient que les promesses du Grenelle de l'Environnement à ce sujet se concrétisent vite : « J'envisage de m'installer ici et de convertir une ferme de 73 ha au bio, explique un agriculteur belge. Du fait du plafonnement français, je ne toucherais que 7600 € alors que dans mon pays j'aurais perçu plus de 25000 € ! »

Que l'on supprime le plafond des aides à la conversion, c'est aussi ce que demande Didier Perreol, président de l'Agence Bio, qui se dit confiant. Et pour Jean-Marie Aurand, représentant du Ministre à Sablé, « le cap reste bien d'encourager le bio en restauration collective et d'améliorer les aides à la conversion. Rendez vous à l'automne. »

Gwenaël DEMONT.

(1)L'excédent brut d'exploitation, c'est le résultat de l'entreprise après avoir soustrait les charges sociales, les salaires et les impôts liés à la production.

 

[Source Ouest-France.fr]

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